La physiologie du tout-petit

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physiologie bébé

On parle souvent de la physiologie digestive, de la physiologie du sportif…et la physiologie du tout-petit alors?

S’il est certain qu’elle commence à se démocratiser depuis une vingtaine d’années, la physiologie du tout-petit n’en reste pas moins un mystère pour la plupart des gens, y compris pour beaucoup de jeunes parents.

Le tout-petit, nouvellement arrivé dans ce bas-monde, porte en lui une physiologie particulière. Il nous faut impérativement la prendre en compte et préserver. En effet, il en va du bon développement de l’ensemble de son organisme.

1/ Physiologie du tout-petit: les 5 erreurs modernes

Dans notre monde moderne, nous avons perdu tous nos repères. Y compris lorsqu’il s’agit de s’occuper d’un bébé. Nous ne savons plus faire. Et si nous écoutions notre instinct maternel, notre corps et notre bon sens…

Ceci nous éloignerait sûrement des 5 erreurs modernes les plus courantes quand on s’occupe d’un tout-petit:

Le refus de l’allaitement

physiologique du tout-petit

Le fait de prendre la décision de ne pas allaiter son bébé, alors qu’on en a la capacité, est une erreur qui peut s’avérer très néfaste pour le bon développement de l’enfant.

En effet, la seule nourriture du tout-petit ne doit être composé que du lait maternel, c’est une évidence physiologique. L’allaitement va permettre au corps du bébé de faire son immunité. Concrètement, c’est par le lait maternel que la mère va transmettre ses anticorps pour constituer le système immunitaire encore très faible de Bébé.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que juste avant la naissance, le corps de bébé est stérile, sans aucune protection immunitaire et bactérienne. Ce n’est qu’avec le passage par le vagin, dans un premier temps, puis par l’allaitement, par la suite, que le corps de bébé va être peuplé de bonnes bactéries essentielles au bon fonctionnement de son corps. Mais également la transmission des anticorps.

Avant l’âge de 2 ans, le système immunitaire d’un enfant n’est pas mature. C’est donc avant cet âge qu’il faut faire toutes les causes pour le rendre plus fort et lui donner les bonnes armes.

Car le lait maternel, et en particulier le colostrum, sont la base immunitaire et le devenir du bébé in sha Allah.

Le tout-petit est de moins en moins collé à sa mère

Notre société de consommation a inondé nos foyers d’objets tous plus pratiques les uns que les autres, surtout lorsque l’on parle de puériculture. Toutefois, ces objets pratiques sont-ils physiologiques? La poussette, le landau, le berceau, le porte-bébé à harnais, tous ces objets veulent nous faciliter le quotidien et nous soulager et pourtant…

Ils nous éloignent de notre enfant au moment de sa vie où il a le plus besoin de nous.

Le fait d’être de moins en moins en contact avec son bébé est très certainement une erreur. Lorsqu’il est tout-petit, avant ses 6 mois, le bébé ne devrait jamais être bien loin de sa mère, toujours en contact, sentir sa présence, dans la chaleur de ses bras, en sécurité.

Bien sûr, s’il dort paisiblement dans son lit, laissez-le. Mais dès qu’il pleure, ne le laissez pas pleurer trop longtemps, pas avant 6 mois. Il pleure parce qu’il a besoin de vous.

Plus vous le porterez et que vous serez auprès de lui, moins il pleurera, vous verrez. Le porter sur le ventre, sur le dos, dans vos bras, lui donner un sein réconfortant et nourricier, ne le rendra pas plus capricieux, surtout avant 6 mois.

Il est évident qu’une telle proximité avec l’enfant ne peut pas se faire si la mère a repris le travail rapidement, gros problème de notre époque moderne.

Il s’agit de faire au mieux, bien entendu. L’idéal serait que pendant les 6 premiers mois de la vie de petit, la mère vive au rythme de l’enfant…mais peu nombreuses sont celles qui peuvent se payer ce luxe, et c’est bien dommage.

La tétine

Rares sont les mères qui n’ont jamais utilisé ce petit bout de plastique. Pour calmer leur bébé en pleine crise de pleurs ou de cris, c’est une facilité. En effet, on lui met dans la bouche, et les cris cessent, merveilleux non?

Vous vous doutez certainement de ma réponse. Oui, la tétine est pratique, et pour certaines mères vraiment épuisées, elle peut s’avérer salvatrice. Mais lui donner systématiquement est-il vraiment une solution?

Le problème de la tétine, c’est que si elle est proposée alors que la mère l’allaite encore, une confusion est possible. En effet, la forme de la tétine est conçu pour ressembler à la forme du téton maternel. Ainsi, si pour satisfaire son besoin de succion ou sa faim, on offre systématique en dehors des repas la tétine plutôt que le sein, le bébé risque de délaisser le sein par la suite.

De plus, la tétine ne répond pas vraiment au besoin de l’enfant à ce moment-là: être en contact avec sa mère.

Les balancelles automatiques

Pour calmer Bébé, il existe ce qu’on appelle des balancelles automatiques. On y met Bébé, et il est bercé automatiquement sans qu’on n’est rien à faire, dans le but de l’endormir ou le calmer.

Même chose que pour la tétine, la balancelle automatique peut être bien utile dans les cas où la mère est épuisée physiquement. Toutefois, elle ne doit pas être systématique. Un bébé qui pleure a besoin de sa mère, soit pour le nourrir, soit pour le câliner, soit pour le rassurer, soit tout à la fois. Porter l’enfant est un besoin fondamental.

La tablette

Dans le but de calmer Bébé, certains parents lui donne accès à la tablette familiale. Bébé, alors subjugué par les mouvements, la lumière et les sons, se calmer instantanément.

Contrairement à la tétine et la balancelle qui peuvent être utiles dans certains cas, la tablette, le smartphone ou l’ordinateur, ne devraient jamais être laissés à Bébé.

En fait, l’effet des écrans sur les tout-petits provoque une dépendance et abîme le cerveau encore très fragile de Bébé. Les enfants ayant un accés régulier aux écrans avant l’âge de 3 ans souffrent très souvent de retard intellectuel et du langage et de troubles du comportement.

Pour en savoir plus, regardez cette vidéo très intéressante du Docteur Ducanda.

 

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2/ Les besoins physiologiques du tout-petit sont une base indispensable à son développement

Répondre aux besoins physiologiques du tout-petit va lui permettre de se développer dans les meilleures conditions.

Des outils indispensables

Le bon développement est absolument essentiel pour le tout-petit. En effet, à ce stade, le cerveau est en pleine formation. C’est à ce moment-là que les bases fondamentales de son cerveau adulte font se former.

Le fait que ce soit à ce moment précis qu’il découvre son nouvel environnement, s’éveille, reconnaît ses parents, les membres proches de sa famille, les objets quotidiens qui l’entoure doivent nous faire prendre conscience de certaines choses.

Le tout-petit doit impérativement avoir les outils nécessaires pour se développer correctement au niveau cognitif et intellectuel, mais également social et affectif, physique et hormonal. Tout ceci l’aidera entre autres à le rendre plus autonome et responsable par la suite.

Ces outils sont simples, naturels, physiologiques, instinctifs: l’allaitement et le portage en sont les deux principaux.

L’allaitement

Le lait maternel est un grand bienfait de notre Créateur qui a perfectionné chaque chose. C’est la seule nourriture adaptée au bon développement du tout-petit, nul ne peut le remplacer.

Autrefois, lorsque la mère ne pouvait allaiter pour diverses raisons, le nourrisson était systématiquement nourri par une nourrice (mère de lait). C’est pour dire l’importance de l’allaitement.

La richesse nutritionnelle du lait maternel en Oméga 3, vitamines et minéraux est irremplaçable. Ainsi, aucune marque de lait de croissance en poudre ne peut à ce jour l’égaler. Les corps gras du lait maternel sont essentiels et indispensables au développement de l’enfant dans son intégralité.

De plus, l’allaitement maternel est indispensable au bon fonctionnement des défenses immunitaires. En effet, les effets anti-stress du lait maternel ainsi que la stimulation des sécrétions d’endorphines qu’il provoque contribuent indéniablement aux défenses anti-infectieuses.

Le lait maternel contient également des facteurs de croissance au nombre de 7. Ils sont quasiment tous destinés à développer les fonctions cognitives, cérébrales et intellectuelles du tout-petit.

Mais allaiter son bébé, ce n’est pas que le nourrir, bien sûr.

Le tout-petit a un besoin vital de sécurité, de repères. Pendant 9 mois, il était dans le ventre de sa mère et certains spécialistes affirment qu’il en faudrait autant après la naissance en guise de transition dans ce nouveau monde.

Ainsi jusqu’à 9e mois du bébé environ (moins pour certains, plus pour d’autres), la mère devrait être son quotidien, les bras, son lieu de repos, la poitrine, sa nourriture principale.

Un tout-petit qui évolue dans un cadre où il ne se sent pas en sécurité, où il n’a pas de repère, n’est physiologiquement pas adapté à son bon développement.

Le portage

Porter son enfant est ancré dans les traditions ancestrales depuis des siècles. Et c’est d’ailleurs la norme, encore de nos jours, dans beaucoup de pays.

Cependant, dans nos contrées « modernes et développées », cette pratique pourtant instinctive semble avoir été délaissée depuis les années 60 (« l’émancipation féminine »oblige).

Fort heureusement, depuis une dizaine d’années, le portage revient en force, mais parfois de la mauvaise manière.

L’arrivée sur le marché de porte-bébé à harnais ne répond pas aux besoins physiologiques de l’enfant.

Toutefois, les écharpes de portage et les portes-bébé physiologiques sont les meilleurs moyens de porter bébé. Ils respectent la morphologie et la physiologie de son petit corps fragile.

Outre la fonction nourricière, le fait de porter son bébé remplit les mêmes rôles que l’allaitement.

Ainsi, porter son bébé contribue au bon développement de son cerveau et renforce son sentiment de sécurité affective.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, porter son enfant quand il le demande n’est pas faire de lui un enfant capricieux, bien au contraire.

Porter son bébé, c’est lui permettre d’évoluer dans un environnement sécuritaire et plein d’amour. Ce qui l’aidera à devenir un adulte autonome ayant plus de confiance en lui.

Respecter la physiologie du tout-petit n’est pas une option, c’est vital et essentiel à son développement.

Mettre en place toutes ces choses au quotidien peut paraître difficile dans un monde moderne profondément anti-physiologique.

Néanmoins, nous, mères, nous devons redoubler d’efforts dans ce sens, pour ainsi offrir le meilleur à nos petites amanas qui ont tant besoin de nous.

 

Auteur : Lucie de Vivons physio-logique

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